Ryad Boudebouz : "À Bastia, les supporters ils t'aiment trop"

Dans l'excellente émission Carton jaune de Team Football animée par Julian Palmieri, Ryad Boudebouz a évoqué les raisons de son départ de Sochaux et expliqué les coulisses de son arrivée au Sporting Club de Bastia en 2013.

Ryad Boudebouz

Malgré l'image pas très positive qu'il avait du club avant son arrivée, l'ancien milieu bastiais confie avoir adoré son passage à Bastia et s'être épanoui au Sporting. Une expérience qui l'a fait grandir, balayant ainsi les a priori qu'il pouvait avoir.

"Cette histoire, c'est un truc de fou. Il me restait un an de contrat à Sochaux, ma saison précédente n'avait pas été bonne. Trois buts, trois passes... J'étais parti pour rester, je me suis dit que j'allais finir mon contrat et partir. Et (un employé de) Lille m'appelle et me dit : "reste à Sochaux et on te fait signer libre comme Thauvin, et tu viendras libre la saison prochaine". Je lui réponds que le directeur sportif et le président m'ont dit que si je reste, je n'allais pas jouer. Et le dernier jour du mercato, mon agent m'appelle et me dit : "j'ai un truc pour toi, mais c'est un peu casse-pipe, c'est Bastia, mais si tu ne pars pas tu ne vas pas jouer (à Sochaux)". On est en 2013 et cette année-là (saison 2013/2014), il y a la Coupe du monde avec l'Algérie. Il faut que je me laisse une chance pour jouer. Le président ne voulait pas que je reste et que je parte gratuitement, ils avaient investi beaucoup sur moi. Ca c'était cassé aussi avec les supporters. Je me dis donc qu'il faut que je parte, je n'ai pas le choix. J'avais une offre du Qatar et une offre de Bastia. Le dernier jour du mercato, avant de partir à Bastia j'avais une boule au ventre. Parce que tu as l'image de Bastia, ce que pensent les gens.

C'était la première fois que je quittais le cocon, il y a ces préjugés. Quand je suis à Bastia, je mets 5-6 mois à m'adapter. Et puis je me dis que c'est un truc de fou, je suis dans une ville où les supporters meurent pour toi, ils t'aiment trop. Même les joueurs, Julian Palmieri, Cahu, Jean-Louis (Leca). Et je me dis que tout ce que disent les gens sur les Corses, c'est des fous, ils sont trop gentils. J'ai retrouvé un peu l'identité du peuple algérien, qui est conservateur mais quand il t'aime, il te donne tout. Dès que j'ai pris conscience de ça, je me suis libéré et c'est là que ça a commencé. J'ai vu une vraie famille. En tant qu'homme ça m'a fait grandir, j'ai kiffé l'aventure. Là où je vivais, je sortais davantage à Bastia, j'ai kiffé de dingue ! Même Hantz à cette époque m'a beaucoup aidé, même quand j'étais moins bien il me faisait jouer. J'ai appris de tout le monde et j'ai franchement trop kiffé cette époque.

Que ce soit les Algériens et les Corses, il y a beaucoup de fierté. [...] Puis j'ai signé à Montpellier car il y avait une offre. Et même pour le club il y a eu un beau chèque (transfert de 1,7 M€ en faveur du SC Bastia, ndlr)."

 

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